Sujets vulgarisés

Gaz au travail : des impacts réels sur la santé… et des solutions accessibles

Le gaz : un risque invisible pour les personnes travailleuses

L’utilisation du gaz (chauffage, procédés industriels, équipements) expose les personnes travailleuses à des polluants dangereux issus de la combustion :

  • monoxyde de carbone (CO) gaz toxique pouvant être mortel
  • oxydes d’azote (NOx) irritations respiratoires, formation d’ozone
  • dioxyde de soufre (SO₂) problèmes respiratoires
  • particules fines (PM2.5) maladies cardiovasculaires et respiratoires

 

Cas réel au Québec

Un travailleur est décédé d’une intoxication au monoxyde de carbone causée par un appareil au gaz mal entretenu.

Le gaz émet des polluants, l’électricité les élimine

La combustion du gaz est une source directe de pollution, alors que l’électricité renouvelable élimine presque totalement les émissions sur site➀➁.

Impacts sur la santé

La pollution de l’air est reconnue comme un facteur majeur de dégradation de la santé humaine : 

  • augmentation des maladies respiratoires (asthme, irritation)
  • augmentation des maladies cardiovasculaires
  • effets sur le système circulatoire
  • risques d’intoxication aiguë (CO)

Impacts sur les capacités et la sécurité au travail

Même sans maladie diagnostiquée, la pollution a des effets mesurables :

  • diminution des capacités physiques
  • baisse de capacités de concentration et de prise de décision
  • effets sur les fonctions cognitives
  • augmentation des accidents de travail➆ 

 

La pollution de l’air diminue la performance et peut multiplier les risques d’accidents jusqu’à 2,6 fois.

L’électrification : une solution immédiate

Remplacer le gaz par des technologies électriques permet :

  • d’éliminer la combustion  réduction directe des polluants;
  • d’améliorer la qualité de l’air intérieur et extérieur;
  • de réduire les risques d’accidents (CO, explosions) ;
  • d’améliorer les conditions de travail (moins de bruit, moins d’émissions).

 

L’électrification est l’un des moyens les plus efficaces pour protéger la santé des personnes travailleuses.

Des opportunités au Québec

Les processus à basse température (≤150°C) peuvent être directement électrifiés, ce qui représente environ 30% des besoins industriels.

 

Secteurs prioritaires:

  • agroalimentaire
  • pâtes et papiers
  • chimie et pharmaceutique
  • production de verre

Une grande partie des procédés repose sur de la chaleur basse température (<150°C), notamment pour la cuisson, le séchage / évaporation, la pasteurisation et le nettoyage. Ces usages peuvent être électrifiés avec des thermopompes industrielles, des résistances électriques ou un chauffage par induction, déjà disponibles commercialement.

 

Exemple : Projet européen SPIRIT, avec la transformation du site de production de sucre de Tiense Suikerraffinaderij (Belgique). Utilisation de thermopompes à haute température pour l’évaporation du jus de betterave.

Les procédés clés comme le séchage du papier, le chauffage de l’eau et la production de vapeur basse pression peuvent être électrifiés. L’utilisation de chaudières électriques et de systèmes de récupération de chaleur (thermopompes) offre un fort potentiel à court terme.

 

Exemple : Projet européen SPIRIT, avec la transformation du site de production de pâtes et papiers de Smurfit Westrock en République Tchèque. Utilisation d’un compresseur à vapeur pour le séchage du papier.

 

Ces industries utilisent souvent des réacteurs chauffés à température modérée et des procédés de séparation (distillation, évaporation). Plusieurs de ces étapes peuvent être électrifiées via chauffage électrique direct, micro-ondes ou électrolyse, ce qui a en plus l’avantage d’améliorer le contrôle des procédés.

 

Exemple : Four de vapocraquage électrique à grande échelle mis en service en 2024 à Ludwigshafen, en Allemagne, dans une usine de production d’alcènes (utilisés dans les polymères), montrant que les processus à hautes températures sont également électrifiables, pour une réduction de CO₂ estimée de 90%.

 

La capture du carbone et sa transformation en produits chimiques utilisables par l’industrie représentent également une voie de décarbonation du secteur.

 

Exemple : Usine commerciale de conversion du CO₂ en méthanol de Shunli, mise en service en Chine en 2022 a actuellement une capacité de production de méthanol liquide de 110 kT par an.

La production de verre nécessite des températures élevées (1600°C), mais certaines étapes sont déjà électrifiables, notamment les fours électriques pour le verre spécial et les phases de finition. Des technologies émergentes permettent aussi d’électrifier partiellement les fours de fusion.

 

Exemple : AGC Glass Europe utilise des fours électriques pour la fusion du verre à Moustier, en France, pour une efficacité énergétique doublée par rapport aux procédés basés sur les énergies fossiles, et avec des émissions de CO₂ divisées par 6.

L’électrification constitue un moindre coût à moyen terme pour l’industrie que le gaz, tous types confondus. Les procédés industriels électriques existants permettent déjà de réduire la consommation d’énergie jusqu’à 30%, avec des retours sur investissement de 2 à 5 ans pour les thermopompes industrielles, et d’améliorer l’efficacité des procédés de 10% à 50%.

Électrifier, c’est créer des emplois

Sortir du gaz crée plus d’emplois qu’il n’en détruit:

  • jusqu’à 25 millions d’emplois créés sur 15 ans ;
  • environ 5 millions d’emplois durables et non délocalisables ;
  • jusqu’à 30 millions d’emplois au pic de la transition ;
  • environ 20 emplois par million de $ investi.

 

Chaque projet d’électrification crée des emplois ici, plutôt que de financer du gaz importé.

En quelques mots

Le gaz est un enjeu de santé et de sécurité au travail. 

  • il dégrade la qualité de l’air ;
  • il réduit la performance des personnes travailleuses ;
  • il augmente les risques d’accidents.

 

L’électrification, quant à elle, permet :

  • d’éliminer ces risques ;
  • d’améliorer les conditions de travail ;
  • de créer des emplois locaux et durables.

 

Sortir du gaz, c’est investir dans la santé et dans l’économie d’ici.