Montréal, Québec, le 1er avril 2025 – Travailleuses et Travailleurs pour la Justice Climatique (TJC), la coalition Sortons le gaz!, le Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ), les 109 syndicats membres de la FNEEQ–CSN, le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Lanaudière CSN et 25 associations étudiantes dénoncent les compressions budgétaires imposées par le gouvernement du Québec aux cégeps et universités ainsi qu’en santé et services sociaux. Ces coupes risquent de nuire non seulement à la qualité de l’éducation et des soins, mais aussi à la décarbonation des bâtiments institutionnels. Il s’agit là pourtant d’un objectif gouvernemental, tel que stipulé dans le projet de loi 41 et dans le Guide des modalités d’application des mesures d’exemplarité de l’État.
Le budget provincial 2025-2026, pourtant présenté sous le thème « Pour un Québec fort », ne prévoit aucun financement ciblé pour appuyer la décarbonation des bâtiments des cégeps, universités, hôpitaux et autres institutions publiques. Alors que le gouvernement y réaffirme sa volonté de soutenir la transition énergétique, il impose simultanément des compressions qui étouffent ces mêmes institutions, rendant impossible l’atteinte des cibles qu’il s’est lui-même fixées. Cette contradiction flagrante mine la crédibilité des engagements climatiques de l’État québécois.
Des conséquences graves pour la transition énergétique et la sécurité des établissements
Les établissements scolaires, les cégeps et les universités avaient déjà de la difficulté à trouver les ressources financières nécessaires pour rénover leurs infrastructures et électrifier leur système de chauffage. Les récentes compressions budgétaires les obligent même à reporter des travaux d’entretien pourtant essentiels à la sécurité du personnel et des personnes étudiantes.
« À Saint-Laurent, nous vivons présentement une crise du bâtiment sans précédent, qui compromet notre mission pédagogique. Nous devons rénover, rebâtir, sans quoi nous serons en bris de service. Voyons-y l’occasion de revoir notre consommation et d’engager notre transition énergétique. Le moment est propice, mais il nous faut agir maintenant », indique Jennifer Beaudry, présidente du Syndicat des professeur·e·s du cégep de Saint-Laurent.
« Comment ces institutions peuvent-elles en plus répondre aux objectifs de décarbonation avec ce nouveau budget provincial, dans un contexte où même le simple maintien de leurs infrastructures est précaire ? », questionne Ophélie Langevin de TJC.
Des exigences de financement et de soutien gouvernemental
« En santé et services sociaux, les coups de l’austérité anesthésient des projets de rénovations et de décarbonation pourtant urgents pour répondre aux besoins de la population, bloquant du même coup le remplacement de technologies archaïques polluantes. Ironiquement, ces travaux permettraient de réduire la facture d’énergie du gouvernement et donc des contribuables! En santé, la décarbonation est plus qu’un enjeu écologique : avec la pollution de l’air, les changements climatiques et les catastrophes naturelles et pandémiques qui en découlent, chaque jour d’inaction multiplie les malades du futur et la pression sur notre réseau déjà fragile », dénonce Francis Boudreault, du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Lanaudière – CSN.
« D’ici 2040, le gouvernement vise à rendre son parc immobilier “zéro émission”. Ce même gouvernement continue toutefois de favoriser le maintien du gaz fossile dans les systèmes de chauffage existants, notamment en encourageant le programme de biénergie plutôt que l’électrification complète », lance Bruno Detuncq du RVÉQ.
Appel à une action gouvernementale urgente
Face à ces incohérences et aux défis auxquels nos institutions font face, nous demandons au gouvernement de :
- cesser immédiatement les compressions budgétaires qui fragilisent nos institutions;
- investir les sommes nécessaires à l’entretien des bâtiments et à la décarbonation complète des systèmes de chauffage des bâtiments publics, sans avoir recours à la biénergie, inutile au regard des solutions électriques modernes;
- profiter des besoins d’entretien des infrastructures pour améliorer l’efficacité énergétique de l’enveloppe des bâtiments publics et la mise en place de systèmes de chauffage décarbonés et efficaces, ce qui permettrait une réduction significative de la consommation et des coûts énergétiques.
« Nos institutions ne peuvent porter seules la transition énergétique. Si le gouvernement est sérieux dans ses engagements climatiques, il doit s’assurer de leur fournir les moyens financiers nécessaires au lieu de continuer d’entraver ces projets essentiels », martèle Emmanuelle Rancourt, coordonnatrice de la coalition Sortons le gaz!.
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Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Emmanuelle Rancourt, coalition Sortons le gaz!
418-999-5121 | [email protected]
Ophélie Langevin, Travailleuses et Travailleurs pour la Justice Climatique
514-710-9704 | [email protected]
Bruno Detuncq, Regroupement vigilance énergie Québec
514-388-8710 | [email protected]
À propos de Sortons le gaz!
La coalition Sortons le gaz! réunit des organisations environnementales, syndicales et citoyennes qui se sont données pour but de promouvoir la sobriété et l’efficacité énergétiques dans le secteur du bâtiment tout en accélérant le passage de la totalité du parc immobilier du Québec à des sources d’énergie 100 % renouvelables. Elle s’emploie à faire connaître les vrais impacts du gaz dit « naturel » sur notre santé, notre environnement et nos finances, à promouvoir les avantages de le remplacer ainsi qu’à faire connaître les façons d’y arriver. Pour ce faire, la coalition informe la population ainsi que les acteurs et actrices de tous les paliers décisionnels.
Membres de la coalition : Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME), Écohabitation, Équiterre, Fondation David Suzuki, Fondation Coule pas chez nous, Greenpeace, Imagine Lachine-Est, Nature Québec, Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ), Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ), Sortons la Caisse du carbone, Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), For Our Kids, Mobilisation environnement Ahuntsic-Cartierville (MEAC) et Travailleuses et Travailleurs pour la justice climatique (TJC).
À propos du Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ)
Le Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ) est un regroupement de comités citoyens qui milite pour la sortie de l’ère des hydrocarbures et la venue d’une société écologiquement viable et socialement juste.
À propos de Travailleuses et Travailleurs pour la justice climatique (TJC)
Travailleuses et Travailleurs pour la justice climatique (TJC) est une organisation de travailleuses, de travailleurs et de syndicats locaux qui se mobilisent autour des enjeux de justice climatique. Nous croyons que seul le mouvement syndical peut développer le rapport de force nécessaire à la mise en place d’une économie régénératrice, solidaire et juste.
Autres signataires :
- Benoît Lacoursière, président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN)
- Nicolas Chalifour, Syndicat des professeures et professeurs du Cégep Édouard-Montpetit
- Zachari B. Jolin, Syndicat de l’enseignement du Cégep André-Laurendeau (SECAL) – CSN
- Jennifer Beaudry, Syndicat des professeur·e·s du cégep de Saint-Laurent
- Amélie Therrien, Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège Montmorency (SEECM) – CSN
- Etienne Paré, président de l’Union étudiante du Québec (UEQ)
- Coalition de Résistance pour l’Unité Étudiante Syndicale (CRUES)